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Pierre Audoire
Autodidacte aggravé, je fus un peintre du samedi soir... Une de mes premières oeuvres me mena en bateau... puis à la candeur. Pour fouiller le réel, je fis des photos que je pris pour des pierres brutes à polir et je les transformai. Enfin, l'amour me conduisit à évoluer sagement... C'est-à-dire à être quelque peu indépendant, "anar" parfois par foi, utopiste souvent, dubitatif toujours... Le parvis de ma conscience s'appellerait-il imagination ?
Si Roger Martin du Gard (Les Thibault, Jean Barois) et André Malraux (La Condition humaine, L'Espoir) imprégnèrent mon adolescence, c'est Albert Camus qui me marqua, comme au fer rouge, de sa morale sans dieu et de l'absence de sens préétabli, de finalité donnée. En un mot de l'existentialisme.
Ainsi, L'Homme Révolté et le Mythe de Sisyphe traçaient
un côté de la case départ de ma vie. Et je fus comblé lorsque je rencontrai
Louis Guilloux, après Mai-68... "Plaine, ma plaine...", chantait-il alors
que nous remontions vers Paris dans une Beauce envahie par un épais
brouillard. Je quitte Les Cathédrales de Claude Monet et m'enfonce dans Les nymphéas,
Le Jardin des délices me conduit aux surréalistes où Ernst crée un monde minéral comme au troisième jour de la Genèse de La Création du monde (triptyque du Jardin fermé); où Dali provoque; où l'étrange Magritte officie dans sa salle à manger tel un tourneur de table.... Sur le chemin qui mène au Prado de Madrid pour me saouler du Jardin des délices, non loin des admirables Peintures noires de Goya, je rencontre Nous autres de Zamiatine, 1984 de G. Orwell ainsi que "sa" Ferme des animaux où tous les animaux sont égaux, certains étant plus égaux que d'autres puis m'enfonce dans les rêves insensés du Maître et Marguerite de M. Boulgakov. Je respire la liberté. Liberté qui devient mon fil d'Ariane dans cet ensemble de pierres - plus ou moins bien taillées - burinées depuis quatre décennies et plus que je présente, en partie, dans ce site... Plus de 50 toiles (huile, acrylique, pastel et gouache mélangés), plus de 100 nus... mérisés et une centaine de "digigraphies" de Paris composent un poème que je n'ai pas su écrire, ne sachant qu'épeler le sens de la vie... L'imagination étant, pour moi, le parvis de la Conscience, Pierre Audoire.
Cette page a été mise à jour le 20-11-2006 à 16:47
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